Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, le CSE doit être consulté lors de consultations récurrentes, notamment lors de la consultation sur la situation économique et financière de l’entreprise. C'est un moment clé pour les élus, qui leur permet de comprendre la réalité économique de l’entreprise, d’analyser ses résultats passés, d’apprécier ses perspectives à venir et d’identifier les conséquences des choix de l'administration.

Pour autant, les données transmises sont souvent complexes : comptes annuels, marges, endettement, flux internes, choix d’investissement, sous-traitance, aides publiques, R&D… Autant de renseignements difficiles à exploiter sans accompagnement spécialisé. C’est précisément pour cette raison que le législateur permet au Comité Social et Économique de se faire assister par un expert-comptable de son choix.

Une obligation légale annuelle pour le CSE

Dans toute entreprise d’au moins 50 salariés, le CSE est consulté chaque année sur sa situation économique et financière. Cette consultation fait partie des 3 consultations récurrentes obligatoires prévues par l’article L2312-17 du Code du travail :

La consultation économique et financière permet aux élus d’apprécier le contexte réel de l’entreprise, d’interroger les choix de gestion et de mesurer les effets possibles de ces choix sur les collaborateurs. C'est un levier important pour anticiper les difficultés éventuelles et défendre les intérêts collectifs des employés.

 

Sur quoi porte la consultation économique et financière du CSE ?

La consultation porte sur la situation économique et financière passée et à venir de l’entreprise. Elle concerne notamment :

  • les résultats de l’activité ;
  • l’évolution du chiffre d’affaires et des marges ;
  • les bénéfices ou pertes constatés ;
  • la productivité ;
  • l’endettement ;
  • les capitaux propres ;
  • l’affectation des bénéfices ;
  • les investissements réalisés ;
  • les aides publiques perçues et leur utilisation ;
  • le recours à la sous-traitance ;
  • les perspectives économiques à venir.

Elle porte également sur la politique de recherche et développement technologique, y compris l’utilisation du crédit d’impôt pour les dépenses de recherche et les conséquences environnementales de l’activité.

 

À quelle fréquence cette consultation doit-elle avoir lieu ?

Par défaut, la consultation sur la situation économique et financière est annuelle. Elle peut toutefois être espacée jusqu’à 3 ans par accord d’entreprise.

En pratique toutefois, lorsque la consultation est trop espacée, les élus risquent de découvrir tardivement certaines évolutions importantes : baisse de marge, hausse de l’endettement, transfert d’activité, montée de la sous-traitance, pression sur les effectifs ou modification de la stratégie. Le suivi annuel reste donc souvent le rythme le plus pertinent.

 

Quels sont les délais pour rendre l’avis motivé ?

Le recours à un analyste extérieur allonge le délai dont dispose les élus pour rendre leur avis. Sans accompagnement, le délai est généralement d’un mois. Avec l’intervention d’un spécialiste, ce délai passe à deux mois, conformément à l’article L2312-16.

À l’expiration du délai applicable, si le Comité n’a pas rendu d’avis, il peut être réputé avoir été consulté. Les élus ont donc intérêt à voter rapidement le recours à l’expert et à signaler sans attendre les complications relatives à l’accès à l’information.

 

À quel niveau la consultation doit-elle être menée ?

La consultation sur la situation économique et financière a généralement lieu au niveau de l’entreprise. Lorsqu’il existe plusieurs établissements distincts, elle peut relever du CSE central, sauf accord d’entreprise prévoyant une articulation différente avec les CSE d’établissement.

Cette question de niveau de consultation est importante, notamment dans les groupes ou les entreprises multi-sites. En effet, certaines données économiques peuvent être consolidées au niveau de l’entreprise, tandis que d’autres informations peuvent concerner directement un établissement : activité locale, effectifs, investissements, réorganisation, sous-traitance, etc.

Dans ces situations, être accompagné permet d’identifier le bon périmètre d’analyse et de relier les données économiques globales aux réalités vécues par les employés.

 

Checklist des informations utiles

Catégorie Informations utiles
Activité chiffre d’affaires, volumes, carnet de commandes, évolutions des marchés
Résultats bénéfices, pertes, résultat d’exploitation, résultat net
Marges marge brute, marge opérationnelle, marges par produit ou service
Productivité évolution de la production, effectifs, ratios d’activité
Financement endettement, capitaux propres, trésorerie, covenants éventuels
Affectation du résultat dividendes, réserves, investissements
Investissements investissements matériels, immatériels, industriels, numériques
Aides publiques nature, objet, montant, conditions de versement et utilisation
Groupe flux internes, management fees, conventions, transferts de capitaux
Sous-traitance achats externes, intérim, externalisation, prestations récurrentes
R&D dépenses et crédit d’impôt recherche, projets technologiques
Environnement conséquences environnementales de l’activité, investissements associés
Perspectives budget, prévisions, stratégie, risques identifiés

 

Comment le CSE peut-il rendre un avis motivé ?

Les élus se trouvent souvent démunis face à des données comptables et financières complexes. Or, le législateur a prévu qu’ils puissent se faire aider par un expert-comptable de son choix (article L2315-88).

Cette analyse est intégralement financée par l’employeur, en application de l’article L2315-80. C’est un point essentiel : les élus peuvent bénéficier d’un accompagnement spécialisé sans mobiliser le compte de fonctionnement du comité.

 

Comprendre les comptes

Le champ de cette mission est très large et son objectif est clairement défini : permettre « l’intelligence des comptes et l’appréciation de la situation de l’entreprise ». L’analyste externe doit donc rendre compréhensibles des éléments économiques, comptables et financiers souvent difficiles à exploiter pour des élus non spécialistes.

À ce titre, il dispose d’un accès à :

  • la comptabilité ;
  • la liasse fiscale ;
  • le détail des flux avec les autres entités ;
  • les marges par produits et services ;
  • les investissements ;
  • l’endettement ;
  • les aides publiques ;
  • l’analyse de la sous-traitance ;
  • les éléments relatifs aux orientations de R&D ;
  • les informations permettant d’apprécier les conséquences environnementales de l’activité.

Ces renseignements peuvent être complétés par des entretiens avec l'administration, afin d’approfondir les points jugés significatifs. L’analyste dispose en outre des mêmes prérogatives d’investigation qu’un commissaire aux comptes. Cela lui permet d’aller bien au-delà du contenu habituel de la BDESE lorsque l’analyse l’exige.

 

Un examen utile dans les groupes et les entreprises internationales

Dans les groupes, la lecture des comptes peut être particulièrement complexe. Les résultats d’une société peuvent être influencés par des conventions internes, des management fees, des transferts de marge, des flux entre filiales, des politiques de prix de transfert ou encore des choix d’endettement décidés à un autre niveau.

Les experts maîtrisent également les normes comptables internationales, notamment les normes IFRS ou US GAAP, ainsi que les outils de reporting analytique. Cela leur permet de traiter des contextes propres aux groupes multinationaux et de remettre aux élus une analyse exploitable de leur société.

Potentiellement, ils peuvent aider à comprendre :

  • les montages juridiques et fiscaux utilisés ;
  • les évolutions des marges et de la productivité ;
  • les flux entre les structures d’un groupement de sociétés ;
  • la progression de la sous-traitance ;
  • les stratégies financières utilisées, notamment l’endettement ;
  • les impacts existants et à venir sur les collaborateurs.

Cette analyse est essentielle pour distinguer ce qui relève réellement de la performance économique, des choix d’administration ou des arbitrages décidés au niveau du groupement de sociétés.

Vous avez besoin d'aide pour analyser les documents financiers ou pour appréhender la consultation annuelle sur la situation économique et financière de votre entreprise ? Faites appel à un expert !

Pourquoi faire appel à une expertise pour analyser la situation économique et financière ?

Cette consultation offre aux élus un levier concret pour comprendre la réalité de leur structure et défendre les intérêts des salariés. Concrètement, l'analyste aide les élus à :

  • Décrypter les données économiques et financières : résultats d'activité, évolution des marges et de la productivité, montages juridiques et fiscaux, stratégies d'endettement, flux entre sociétés, changements liés à la sous-traitance, conséquences environnementales de l'activité ;
  • Restituer les analyses par écrit et par oral ;
  • Accompagner les réflexions sur la situation réelle de l'entreprise, les conséquences des choix de la direction et les marges de manœuvre envisageables ;
  • Formuler un avis motivé, structuré et défendable.

 

Ce que l’expert-comptable apporte concrètement aux élus

L’intervention d'un spécialiste permet de passer d’une lecture passive des documents à une véritable analyse critique. L’analyste peut notamment aider les élus à répondre à des questions essentielles :

  • La structure est-elle réellement en difficulté ?
  • Les résultats sont-ils cohérents avec le discours de la direction ?
  • Les marges baissent-elles réellement, ou sont-elles transférées ailleurs dans le groupe ?
  • Les investissements sont-ils suffisants ?
  • L’endettement est-il maîtrisé ?
  • Les dividendes sont-ils compatibles avec la situation sociale ?
  • Le recours à la sous-traitance ou à l’intérim augmente-t-il ?
  • Les aides publiques bénéficient-elles réellement à l’emploi et à l’activité ?
  • Les choix d'administration ont-ils des conséquences sur les salariés ?
  • Les perspectives annoncées sont-elles crédibles ?

 

Pourquoi choisir CE Expertises pour accompagner votre Comité ?

La consultation sur la situation économique et financière est technique, mais elle ne doit pas rester réservée aux spécialistes de la comptabilité. Nos experts vous accompagnent pour :

  • analyser les comptes ;
  • décrypter les marges, les résultats et les flux financiers ;
  • comprendre les choix de gouvernance ;
  • identifier les risques économiques, sociaux et environnementaux ;
  • analyser les flux internes ;
  • apprécier la sous-traitance ;
  • mesurer les conséquences possibles sur l’ensemble de l'organisation ;
  • préparer les questions à poser à l’employeur ;
  • construire un avis motivé.

Dans les groupes internationaux, CE Expertises peut également analyser les normes comptables internationales, les reportings globaux, les flux entre filiales et les mécanismes financiers à l’œuvre.

L’accompagnement permet aux élus de ne pas subir la consultation, mais d’en faire un véritable outil de compréhension, d’anticipation et de dialogue social.

Votre CSE doit être consulté sur la situation économique et financière ? Contactez CE Expertises pour échanger avec un spécialiste et obtenir un accompagnement adapté à vos missions.

FAQ

Quelles sont les informations auxquelles le CSE a droit ?

L'employeur est tenu de mettre à disposition des élus, dans la BDESE, un ensemble précis de documents couvrant les 2 exercices écoulés et les perspectives à venir. Cela inclut notamment les comptes annuels, le rapport de gestion, les résultats d'activité, l'endettement, les capitaux propres, l'affectation des bénéfices, les investissements réalisés, les aides publiques perçues et leur utilisation, ainsi que les transferts de capitaux au sein du groupe le cas échéant (articles L2312-25, R2312-16 et R2312-17).

Si la BDESE est incomplète, le délai de consultation ne commence pas à courir. Les élus peuvent alors exiger les pièces manquantes par écrit, et saisir le tribunal judiciaire en référé si nécessaire.

Faut-il coupler cette consultation avec celle sur la politique sociale ?

Il est conseillé d'associer cet examen à celui portant sur la politique sociale, les conditions de travail et l'emploi. Ce couplage permet d'avoir une vision globale et de croiser utilement les sources : les charges de personnel issues de la comptabilité peuvent ainsi être rapprochées des éléments de paie détaillés ; les dépenses auprès des agences d'intérim, croisées avec le détail des effectifs intérimaires issu des reportings sociaux, etc…

La consultation économique et financière du CSE est-elle obligatoire ?

Oui. Dans les entreprises d’au moins 50 salariés, les élus sont consultés chaque année sur la situation économique et financière, sauf accord prévoyant une périodicité différente.

Le CSE peut-il se faire assister par un expert-comptable ?

Oui. Le CSE peut se faire assister par un expert-comptable de son choix dans le cadre de la consultation sur la situation économique et financière.