Note d’information et note de service : quels points de vigilance pour le CSE ?

Les termes « note d’information », « note de service », « note interne », « note de l’employeur » ou encore « note d’instruction » sont souvent employés de manière interchangeable. Ils désignent tous un document émis par la direction de l'entreprise et destiné exclusivement à un usage interne.

Les deux outils les plus courants pour formaliser cette communication sont la note d’information et la note de service. Bien que souvent confondus, ces deux documents ont des finalités et des implications juridiques différentes. Cet article propose de clarifier ces distinctions et d'aborder les enjeux liés à l'information préalable du CSE.

Définition de la note d’information et de la note de service

La note de service est un document officiel à usage interne émis par l'employeur pour fixer des consignes précises, des directives obligatoires ou des règles de comportement.

Exemples : changement des horaires, consignes de sécurité, nouvelles règles relatives à l’usage du matériel informatique.

La note d’information est un document à caractère purement informatif. Elle a pour objectif de transmettre des informations générales aux collaborateurs sans imposer de nouvelles obligations. Elle n'a donc pas la même portée que la note de service et ne crée aucune obligation de conformité.

Exemples : annonce d’un événement interne, présentation d’un nouveau collaborateur, rappel des dates de fermeture de l’entreprise.

Ces notes peuvent être adressées à l’ensemble du personnel ou à certains services spécifiques.

Les implications juridiques : le lien avec le règlement intérieur

Conformément à l'article L.1321-1 du Code du travail, un règlement intérieur est obligatoire dans les entreprises de plus de 50 salariés et doit préciser certaines règles concernant la discipline, la santé et la sécurité. Pour être valide, un règlement intérieur doit être soumis au Comité Social et Économique (CSE) avant sa mise en place. Bien que l’avis du CSE ne soit pas contraignant pour l’employeur, en cas de manquement à l’obligation de consultation, il est inopposable aux salariés.

La note de service peut, dans certains cas, avoir une portée similaire à un règlement intérieur lorsqu’elle fixe des règles de comportement ou des consignes impératives. Elle s’adjoint alors au règlement intérieur et est donc soumise aux mêmes règles de mise en œuvre.

Bon à savoir : si la note de service se borne à rappeler des dispositions législatives, réglementaires ou déjà mentionnées dans le règlement intérieur, elle n’est pas soumise à la consultation préalable du CSE.

Quel rôle pour le CSE dans la diffusion des notes de service ?

Pour savoir si le CSE doit être informé en amont de la diffusion d’une note de service, il faut s’interroger sur la portée de la note. Le CSE doit être consulté préalablement si la note de service :

  • Modifie des éléments touchant à l’organisation du travail ou aux conditions de travail (horaires, mesures disciplinaires, restructuration, etc.) ;
  • Concerne des domaines déjà régis par le règlement intérieur.

En cas de litige entre un employé et l'employeur, les notes de service peuvent être utilisées comme preuve pour démontrer des directives communiquées aux employés.

Communication des notes d’information aux salariés : quelle priorité pour le CSE ?

Le Code du travail ne prévoit pas une obligation systématique d’informer le CSE en amont de chaque note de service. Toutefois, il est recommandé d’associer le CSE dès que la note impacte directement les salariés afin d'éviter les conflits sociaux.

Le CSE a un rôle fondamental dans la consultation et l'information sur la marche générale de l’entreprise. La note d’information n’a pas besoin d’être soumise au CSE en amont, sauf si elle concerne des sujets qui relèvent des prérogatives consultatives du CSE. Par exemple, si la direction décide de réorganiser un service ou de modifier les plannings, elle ne peut pas se contenter de diffuser une note d’information directement aux salariés. Une telle décision entre dans le cadre des consultations obligatoires du CSE, qui doit être informé en amont.

Ne pas informer le CSE en amont pourrait constituer un manquement à l’obligation de consultation et être considéré comme un délit d’entrave (article L.2317-1 du Code du travail).

Points de vigilance pour les élus du CSE

Avant toute diffusion d’une note interne par l’employeur, les élus du CSE doivent adopter une lecture attentive du document et s’interroger sur sa véritable nature. Plusieurs questions doivent se poser :

  • La note crée-t-elle une règle nouvelle ou modifie-t-elle une règle existante ?
  • Modifie-t-elle l’organisation (horaires, méthodes, répartition des tâches, télétravail, contrôle de l’activité...) ?
  • Introduit-elle une obligation disciplinaire ou une sanction implicite ?
  • Impacte-t-elle la santé, la sécurité ou les conditions de travail ?
  • Le CSE a-t-il été consulté avant sa diffusion aux salariés lorsque cela était requis ?

En effet, derrière une apparente « note d’information » peut en réalité se dissimuler une décision unilatérale relevant des attributions consultatives du CSE ou des règles spécifiques applicables au règlement intérieur.

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FAQ

Qui rédige généralement une note de service ?

La rédaction d'une note de service est généralement effectuée par l’employeur, la direction ou les services des ressources humaines. Elle peut aussi être préparée par un responsable hiérarchique ou un service spécifique.

Comment est distribuée une note de service au sein d'une entreprise ?

Elle peut être diffusée par différents moyens : affichage dans les locaux, envoi par e-mail, publication sur l’intranet de l’entreprise ou remise directe au personnel.

Quels types d'informations peut-on retrouver dans une note de service ?

Une note de service peut contenir des consignes de sécurité, des modifications d’horaires, des règles relatives à l’utilisation du matériel ou des outils informatiques, des procédures internes, ou encore des instructions organisationnelles destinées à encadrer le travail des salariés.

Quelle est la jurisprudence en matière de consultation du CSE sur les opérations majeures ?

Toute opération majeure susceptible d'avoir un impact sur l'organisation de l'entreprise ou sur sa situation économique (fusion, rachat, offre publique d'achat (OPA)), doit faire l'objet d'une consultation préalable du CSE avant toute annonce publique.

Pour aller plus loin :