Accident du travail : déclaration, rente, licenciement… Tout savoir

guide accident du travail

À jour au 5 novembre 2026

L’accident du travail est l’un des sujets sur lesquels les élus du Comité Social et Économique (CSE) sont le plus souvent sollicités par les salariés. Déclaration, indemnisation, maintien du salaire, protection contre le licenciement, les questions sont nombreuses et les réponses loin d’être évidentes. Cet article a pour objectif de fournir aux élus une synthèse des interrogations que les salariés expriment le plus fréquemment, ainsi que les réponses associées. Il s’appuie sur les dispositions du Code de la sécurité sociale, du Code du travail et sur la jurisprudence de la Cour de cassation.

Quelle est la procédure de déclaration d’un accident du travail ?

En droit français, c’est l’employeur qui supporte l’obligation principale de déclaration. Aux termes de l’article L441-2 du Code de la sécurité sociale, il dispose d’un délai de 48 heures (hors dimanches et jours fériés) à compter du moment où il a eu connaissance de l’accident pour adresser sa déclaration à la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) dont relève la victime.

Cette déclaration peut être effectuée :

Le non-respect du délai de 48 heures expose l’employeur à une amende administrative de 750 €. Si la déclaration tardive prive le salarié de droits, la faute inexcusable de l’employeur peut également être recherchée. Si l’employeur n’a pas procédé à la déclaration dans les 48 heures, le salarié conserve aussi la faculté de le faire lui-même auprès de sa CPAM dans un délai de 2 ans à compter de l’accident (art. L441-2 du CSS). Ce droit nécessaire protège la victime contre l’inaction ou la mauvaise foi de l’employeur.

L’employeur peut, dans ce même délai de 48 heures ou dans un délai maximum de 10 jours calendaires suivant la déclaration, émettre des réserves motivées auprès de la CPAM. Ces réserves doivent être précises et circonstanciées. Elles déclenchent alors une procédure d’instruction contradictoire.

Sur quel document l’accident du travail doit-il être déclaré ?

Après la déclaration, l’employeur est tenu de remettre une feuille d’accident du travail (formulaire S6201) au salarié, que le praticien de santé renseignera lors de chaque consultation ou acte de soins en rapport avec l’accident. Ce document permet au salarié de bénéficier du tiers payant et du remboursement à 100 % des soins, sans avance de frais, sans application du ticket modérateur ni de la participation forfaitaire.

La feuille S6201 comporte 2 volets :

Il est important de noter qu’un salarié peut bénéficier de la prise en charge AT à 100% sans pour autant être en arrêt de travail (ex : soins en dehors des heures de travail, accident léger sans incapacité, etc…).

Comment le salaire est-il payé en cas d’accident du travail avec arrêt de travail ?

Un collaborateur en arrêt pour accident du travail peut percevoir 2 types de revenus : et le complément de salaire versé par l’employeur.

En tant qu’élu, il est nécessaire de vérifier si la convention collective applicable et l’accord de prévoyance en vigueur dans l’entreprise prévoit des dispositions particulières en termes d’indemnités journalières, comme par exemple une garantie « maintien de salaire ».

Avec la baisse du plafond des indemnités journalières pour les accidents survenus depuis le 1er novembre 2026 (), l’écart entre l’indemnité de la CPAM et le salaire augmente pour une grande partie des salariés : le maintien de salaire prévu par la convention collective ou la prévoyance devient d’autant plus important.

Y a-t-il un délai de carence en cas d’accident du travail ?

Combien de temps peut-on rester en arrêt de travail lié à un accident du travail ?

Pour les accidents du travail survenus jusqu’au 31 décembre 2026, la loi ne fixe pas de durée maximale. L’arrêt peut se prolonger aussi longtemps que l’état de santé de la victime le justifie, sous réserve de renouvellements par le médecin traitant. Pour les accidents survenus à compter du 1er janvier 2027, les indemnités journalières seront versées pendant 4 ans au maximum. Au-delà, l’incapacité sera réputée permanente et la victime percevra une rente ou une indemnité en capital. Une nouvelle période de 4 ans pourra s’ouvrir après une reprise du travail d’au moins un an. Cette limite ne s’applique pas au temps partiel thérapeutique ni au travail aménagé.

Deux événements mettent fin à l’arrêt :

La CPAM peut mandater un médecin-conseil pour effectuer des contrôles médicaux et obtenir l’attestation nécessaire. En cas de désaccord entre le médecin traitant et le médecin-conseil, la procédure d’expertise médicale prévue par l’article L141-1 du CSS peut être déclenchée.

Peut-on licencier un salarié en arrêt pour accident du travail ?

L’article L1226-9 du Code du travail pose un principe clair : le contrat de travail d’une victime d’un accident du travail est suspendu ; l’employeur ne peut rompre ce contrat que dans 2 situations :

Tout licenciement prononcé en dehors de ces 2 cas est nul de plein droit (art. L1226-13 du Code du travail). La nullité entraîne :

A l’issue de l’arrêt, si le salarié est déclaré inapte par le médecin du travail, l’employeur doit alors rechercher un reclassement. Il ne peut licencier pour inaptitude qu’après avoir respecté cette procédure.

Qui paie la mutuelle pendant un arrêt pour accident du travail ?

Deux situations se rencontrent sur la question de la mutuelle, dit aussi complémentaire santé, pendant un arrêt d’accident du travail :

En tant qu’élu du CSE, il faut vérifier les clauses qui régissent la prise en charge de la complémentaire santé dans votre entreprise : accord collectif ou DUE instaurant la complémentaire santé, relatives à la suspension du contrat ou à l’arrêt maladie/AT. Si l’employeur cesse de verser les cotisations patronales pendant l’AT sans base contractuelle, cela constitue une violation de l’accord ouvrant droit à réparation. De la même façon, les élus peuvent veiller au bon versement des indemnités journalières ou des .

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